Tout est allé si vite…

C’est terminé ! Sentiments partagés entre un « ouf » de soulagement et le regret de quitter le désert  ! tout est allé si vite… Pendant 9 jours, nous avons vécu grâce à vous une aventure extraordinaire et nous espérons Anne-Sophie et moi, vous avoir transmis toutes les émotions que nous avons pu rencontrer au cours de ce périple.

Les premiers sentiments : le désespoir à l’issue du prologue et de la première étape… Puis cette formidable énergie, cette rage de vaincre les cartes, les dunes, la poussière et les cailloux qui nous a fait passer de l’avant dernière place à la 54ème en fin de 4ème étape.
Nous savions à ce stade que nous ne monterions pas sur les marches du podium, mais ce n’était pas notre objectif. Nous n’avons été guidées que par une seule idée : franchir les reliefs sans être vaincues par eux.

Au départ du deuxième marathon, nous n’avions qu’un seul espoir : «  gratter  » quelques places. Dès le départ, d’anciennes gazelles nous avaient prévenues, c’est une étape difficile, on a gagne 10 ou on en perd autant. Et ce fut dur, éprouvant, éreintant, mais nous n’avons rien lâché.

La première journée du marathon à commencé sous la pluie… et un tankage dans les dunes, une demie heure après le départ. Il nous a fallu plus deux heures pour tirer la voiture de là. Nous étions à deux doigts d’appeler l’assistance mécanique pour nous tirer de ce mauvais pas, mais l’idée de prendre des pénalités nous a pousser à tenter une ultime manœuvre avec un cric gonflable branché sur le pot d’échappement nous a sauvé la mise.
Nous avons trouvé notre première balise tant bien que mal.  Jamais le paysage ne s’est avéré aussi chaotique. Nous n’avions aucun repère, la pluie masquait tous les amers. Le relief était tellement complexe que nous perdions très vite notre cap. A ce moment là et pour ne pas re-tanké dans le sable très meuble Anne Sophie est restée au volant et je suis sortie du véhicule pour lui tracer son chemin et la guider vers les quelques repères qui nous conduisaient à la balise N°1.

Il fallait ensuite rejoindre l’oued, la vallée du Draa. La pluie une fois encore compliquait les choses. Le lit de l’oued qui en temps normal est praticable était inondé. Certaines gazelles faisaient marche arrière devant la boue et les risques d’enlisement. Nous avons fait le choix de rejoindre notre troisième balise sans taper la 2 (c’est possible dans le marathon) et de nous positionner pour le départ du lendemain.
Après une nuit au milieu de nulle part, dans une vaste étendue désertique, nous avons taper notre troisième balise, puis la quatrième. Vers midi, maintenant sous un soleil de plomb, nous nous sommes dirigées vers la 5ème. Elle se cachait au milieu des dunes de Chegaga. Nous avons cherché pendant des heures le passage pour aller vers ce petit drapeau rouge… énième grain de sable dans le désert. Il fallait taper cette balise avant 15 heures et malheureusement nous ne l’avons pas trouvé. Depuis, je la cherche toutes les nuits… En plus de nous faire perdre beaucoup de points, elle reste ma défaite. Mais le cumul de la fatigue, de la tension, le stress des minutes qui passent, la chaleur de cette journée (50°degré dans la voiture) on altéré certainement mes capacités de jugement et d’appréciation, m’ont fait perdre mes repères.

Nous avons pris, déçues le chemin du bivouac. Le rallye était fini pour nous. Nous ne pouvions pas aller vers les balises 6,7 et 8 et notre classement allaient s’en ressentir. Il faut dire qu’au fil des jours, l’esprit de compétition nous avait gagné.

Nous avons rallié Essaouira. Nous finissons 66ème au classement général et 25ème au classement première participation. Finalement, c’est pas mal pour une première ! Nous avons hâte de vous raconter notre aventure de vive voix, qui nous ferons revivre avec passion tous ces instants de bonheur.
Merci à tous ceux qui nous on suivi, ne serait-ce que quelques minutes par jours. Vous saviez où nous étions, nous pas toujours, mais vous nous avez donné envie d’aller jusqu’au bout.

Manuela & Anne-Sophie.

Une étape marathon

25/03/2012 (21h50) : Fin de la 3ème étape
Etape marathon : 2 jours sans rentrer au bivouac

Ceux qui ont suivi sur le site du Rallye des Gazelles la 1ère étape marathon de l’épreuve, auront pu vivre avec bonheur l’extraordinaire performance des « Gazelles » Sodebo. Partie en 102ème position samedi matin, Anne-So et Manuela ont rapidement pris la tête de leur groupe et l’ont tenue jusqu’à leur arrivée dimanche soir, après 2 jours d’orientation et en ayant taper toutes les balises ! Une véritable coup de maître  après leurs débuts hasardeux. Pour bien comprendre, il faut cependant préciser que les voitures avaient le choix entre 2 parcours. L’un passant par les dunes, l’autre restant davantage sur le plateau. Le premier était nettement plus compliqué, les balises y rapportent davantage de points. Manuela et Anne-So s’étaient donné la nuit pour réfléchir. Samedi matin, elles ont d’abord pris l’option « dune« . « Au passage de la première crête, explique Manuela, nous nous sommes retrouvées au dessus d’une quinzaine de voiture « tankées » en contre bas. Il avait plu pendant la nuit, encore une fois des conditions que nous n’avions jamais rencontrées« . Nos gazelles ont alors changé leur fusil d’épaule. Retour sur le plateau. « Pour nous l’objectif c’est d’aller taper un maximum de points de contrôle et d’aller au bout de chaque étape sans faire appel à l’assistance. C’est vraiment une victoire quand en fin de journée on regarde nos cartes et que l’on visualise notre tracé. Toutes cette distance parcourue hors piste! « . Se débrouiller toutes seules, à leur rythme, pas de prise de risques, assurer un maximum. « Et puis il faut aussi savoir s’économiser, le rallye est loin d’être terminé. » Une stratégie qui a payé. Samedi soir elles avaient atteint leur objectif de la journée. Elles ont rejoint un bivouac où était installé une partie des organisateurs. « On était le seule équipage… assez contentes de nous« .

Dimanche même programme. « Il nous a fallu 2 jours pour se mettre dans le bain. Maintenant on commence à comprendre et on se sent de mieux en mieux » partagent elles. De fait, Manuela assure qu’Anne-So conduit de mieux mieux dans les dunes, même si cette dernière trouve que la voiture manque un peu de « patate« , quant à Manu, elle ajuste de mieux en mieux son cap. « Les paysages sont magnifiques » ne cessent de répéter les filles. les dunes, les plateaux, les oueds…. Et puis il y a des moments « extraordinaires » au plein sens du terme, des moments qui n’appartiennent qu’à elles mais qu’elles voudraient tant partager. « Ce midi, raconte Manu, on s’est arrêté déjeuner sous un arbre. Un arbre tout seul au milieu du reg, le désert de pierre. Un acacia qui ne ne voit passer personne. On est resté là appuyées contre le tronc à manger notre ration militaire. 1/4 d’heure unique, il ne se passait rien seulement l’ombre, le soleil, la chaleur  et le vent. Un souvenir à jamais. »

Demain 4ème étape, la piste est encore longue « tout peut arriver » rappelle Anne-So « on n’a pas encore crevé, les herbes à chameau sont toujours là… alors carpe idem (il faut profiter du jour présent)  »

Bonne piste
Jamy

Le désert est dur avec les débutantes…

23/03/2012 (23h30) : Fin de la 2ème étape

Le désert est dur avec les débutantes… Le prologue devait servir d’apprentissage, hélas nos gazelles ont du revoir leur copie lors de la première étape. « Un calvaire » disent les filles. Mais rassurez vous elles apprennent !

Tout avait pourtant bien commencé. « on a pris notre cap sans trop de difficultés » raconte Manuela. Seulement impossible de trouver le premier point de contrôle, « de taper la première  balise » comme disent les filles du désert. « on a vite pigé notre erreur et on a alors corrigé » poursuit Anne-So. Les filles ont alors pris l’option dune. Anne-So est plutôt à l’aise sur ce terrain. Seulement là pas de chance derrière la première crête, un véhicule média tanké (ensablé). « Le terrain était complètement labouré, une situation que nous n’avions jamais rencontré, impossible de s’en sortir. » expliquent les filles. Elles sont restées coincées 2 heures. Elles ont du remonter la pente mètre par mètre, en utilisant les plaques. « Arrivées en haut on en pouvait plus » raconte Manu la gorge encore serrée. L’effort a sûrement du peser sur leur choix… un mauvais cap et pas de balise au bout, mais de l’herbe à chameau. Pour ceux qui l’ignorent il s’agit de grosses touffes de graminées solidement enracinées dans le sable. L’herbe est assez drue pour stopper la voiture. Une fois le véhicule immobilisé au moindre tour de roue il s’enfonce. Il faut alors sortir les pelles et dégager la voiture ; « On a tout essayé » se souviennent les gazelles, leurs épaules en garderont les stigmates pendant quelques jours … « Au final on a été obligé d’appeler l’assistance« . Après ce nouvel épisode douloureux elles ont retrouvé la piste. L’étape leur passait sous le nez mais tant pis ; l’objectif n’est pas de gagner mais d’aller au bout. D’apprivoiser le terrain de savoir le lire. « On s’est retrouvé au sommet d’une falaise… c’était magnifique. Là nous avons pris la décision de rentrer au bivouac. C’était mieux, la veille on s’était perdu pas question d’affronter l’obscurité et puis il fallait garder des réserves pour la suite« . En fin de soirée Manu et Anne so découvrent le classement 127ème sur 129 ! Même si elles ne cherchent pas le podium, c’est un peu dur. Mais elles ne baisse pas le bras.

Après une bonne nuit, les filles étaient vendredi matin sur la ligne de départ avec le même enthousiasme qu’au départ d’Erfoud. Elles n’ont pas baissé les bras et ça c’est une belle victoire, car vendredi soir elles sont rentrées après avoir tapé 7 balises sur 8. Bravo les filles. Une journée épuisante, qui a commencé dans le brouillard « C’est terrible, on ne peut plus se repérer, il n’y a aucun amer en vue. » raconte Manu. Ce soir le moral est au beau fixe, mais c’est physiquement très dur. « On vient de sortir de la voiture et ça tangue comme sur un bateau. » Lâchent elles au téléphone quelques minutes après leur arrivée. Les filles trouvent petit à petit leurs marques. Anne-so est plus à l’aise au volant et Manu à la navigation. « Mais quoi que l’on fasse il faut être attentives à tout et tout le temps. »  précise Anne-So. Ni l’une ni l’autre n’avait soupçonné que la conduite dans le désert nécessitait une telle concentration.

Il était 21h15 quand je les ai quitté. La voiture était entre les mains des mécaniciens, avant de passer à la pompe. Les filles avaient un petit creux -elles étaient debout depuis 4 heures du matin et n’avait pas mangé depuis… Ensuite une bonne douche pour se débarrasser de la « tonne » de poussière qu’elles ont récupérée et bonne nuit de sommeil. Elles ne l’ont pas dit mais elles appréhendent sûrement un l’étape suivante: un marathon de deux jours. Deux jours sans rentrer au bivouac. Une nuit seules absolument seules dans le désert. Unique consolation : elles connaissent le terrain, c’est dans ce secteur qu’elles ont effectué le mois dernier leur stage de conduite.

Bravo les filles, on est fiers de vous !
Jamy

Première vraie rencontre avec le désert

21/03/2012 – 21.30 heure française, 20.30 heure du Maroc -

Le téléphone sonne. Enfin des nouvelles de Manu et Anso.
On attendait ce coup de fil avec impatience. En effet aujourd’hui elles ont fait leur première vraie rencontre avec le désert.
Pour la première fois elles se sont retrouvées seules face à l’immensité, sans instructeur pour guider leur choix, sans les autres gazelles avec qui elles avaient partagé le stage de formation, des gazelles bien utiles quand il s’agissait de se consoler d’un ensablement ou d’un mauvais cap.
Seules avec du sable et des rochers devant, du sable et des rochers derrière et la même chose de chaque côté.

C’était le prologue. Pas de palmarès pour cette première journée poussiéreuse, juste une mise en route, pour que les filles sachent désormais à quoi s’attendre. Et ça s’est pas trop mal passé. La communication avec Manuela n’a duré que 2 ou 3 minutes; nos gazelles venaient d’arriver au bivouac… dans la nuit, visiblement épuisées.
« On a tapé notre première balise 35 mn après le départ, on était les premières » revit Manu avec l’enthousiasme des premiers tours de roues. »Après ça s’est gâté. On est parti n’importe comment et on s’est perdu. » Le ton est moins enjoué. Ce ne sera pas une balade de santé. Anso lâche même « c’était l’enfer« . Mais les filles ne sont pas du genre à baisser les bras. Elles évacuent les premiers coups d’adrénaline . Ça va aller. C’était un tour de chauffe qui n’aura aucune incidence ni sur le classement, ni sur leur moral. Un échauffement surement nécessaire pour revoir la tactique. Comme elles se l’ont dit avant le départ « ce n’est pas une course de vitesse, il faut prendre le temps de se repérer sur la carte et sur le terrain, tracer sa route calmement. »

Demain sera un autre jour… enfin il commencera dans la nuit. Lever 4h du matin. Remise du road book et ce sera reparti avec les dunes pour unique confidentes. On croise les doigts… et quoi qu’il arrive elles nous font partager leur aventure.

Jamy

Voyage vers Erfoud

Après le départ festif de Paris, c’est avec émotion que nous avons retrouvé quelques « Gazelles » à Barcelone pour traverser la Méditerranée en direction du Maroc. L’ambiance entre filles à bord fut top ! Nous avons eu la chance de partager ce voyage avec un super groupe de nanas. Malgré la détente, nous nous sommes appliquées néanmoins à préparer nos cartes et refaire quelques exercices de navigation.

 

 

C’est pendant cette traversée vers l’Afrique et notamment devant la magie du détroit de Gibraltar, que nous avons réalisé vraiment que nous devenons « Gazelles ».

A l’arrivée à Tanger, nous sommes parti en convoi sur 400 km pour relier Meknès où nous avons profité du confort d’un hôtel et d’une bonne douche. Des détails qui dans les prochains jours deviendront un véritable luxe.

Mardi matin, nous avons traversé l’Atlas et ses routes de montagne sinueuses. Nous découvrions alors des paysages magnifiques entre dunes, lac et même des cigognes. Arrivée à Erfoud, nous sommes rentrées dans la compétition. Tout le monde s’affairaient à préparer le prologue de mercredi. Les mécaniciens sur place réparaient les premiers petits bobos des 4×4 comme des pneus crévés, et les filles contrôlaient une dernière fois le matériel… Mercredi, c’est 3h de course qui nous attendent pour nous faire entrer doucement dans l’aventure. Et jeudi matin à 4h du matin, ce sera donc le grand départ du Rallye des Gazelles.

Ces 4 derniers jours sont passés à une vitesse hallucinantes. Avec Anne-Sophie, même si nous ressentons encore une petite appréhension, c’est surtout le bonheur d’être ici qui domine. Nous avons l’envie d’y aller, et nous voulons avant tout profiter de cette grande chasse au trésor qui nous attends. On pense bien à vous tous et on est impatiente de vous faire partager notre aventure !
A bientôt,
Manuela.

Embarquement à Barcelone

Il y a eu bcp d’émotion au départ du Trocadéro. Quelques larmes camouflées difficilement entre des baisers aux enfants, des « je t’aime » à nos compagnons, des « au revoirs » aux amis… Et puis Barcelone, l’impression d’être perdues, dans un monde  parallèle… Le lendemain : 10 h embarcadère. Nous retrouvons des gazelles ! Tout le monde arrive petit à petit, nous sommes 72 filles au total ! 36 voitures. À 13h l’embarquement commence, les voitures entrent en file indienne dans le park. 14h30, nous quittons le port de Barcelone. Je crois qu’à ce moment là, nous devenons « Gazelles » !
Manuella

Dans les starking blocks

J-4…

« Le plus difficile dans le désert c’est de trouver la sortie… » Armées de nos boussoles et de nos cartes, nous trouverons à coup sûr notre chemin… Il n’y a plus de désert, tout est en nous…

Alors c’est parti pour cette belle aventure : des rires, des pleurs, de la fatigue… des pelletages, des crevaisons, des frayeurs… la poussière, la chaleur… un sourire, de l’entraide, un plein d’émotions… des petits et un grand BONHEUR…

Si vous souhaitez suivre notre périple dans le grand bac à sable du désert marocain, rendez vous sur le site internet Rallye Aïcha des Gazelles. Au programme : suivi de notre équipage par satellite en temps réel, journaux d’étapes, classements, photos et vidéos… Vous pouvez même nous écrire : gazelles139@laposte.net

Baisers sablés,

Anne-Sophie et Manuela, équipage 139

PS 1 : Le départ est donné à 16h du Trocadéro le samedi 17 mars, si vous voulez passer nous faire une bise à partir de 14h…

PS 2 : Tous les soirs M6 diffuse les meilleurs moments du Rallye à 20h40

Que sait du désert celui qui ne regarde qu’un grain de sable ?

- » Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent cinq mille roses dans un même jardin…. Et ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent… »

- « Ils ne le trouvent pas… », répondis-je

- « Et cependant, ce qu’ils cherchent pourrait être trouvé dans une seule rose ou un peu d’eau… »

- « Bien sûr » répondis-je.

Et le petit prince ajouta :

- « Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur… »

Antoine de SAINT EXUPERY